Visite de la ferme du bout de chemin : Oh le beau bocage !

En ce beau mois d’avril, Guy et Alicia nous ont accueillit dans leur bocage merveilleusement préservé pendant une petite semaine. Nous nous efforçons ici de partager avec vous nos sentiments et surtout l’atmosphère qui règne en ce lieu.

Ici sévit une faille temporelle nous confit rapidement Guy. Le temps file plus vite qu’ailleurs ! En même temps, on est toujours occupé et être paysan : «  c’est surtout savoir gérer les urgences ! » Du coup, les journées s’envolent plus vite que les canards vers la mare.

Les urgences du quotidien sont donc traitées. Mais tranquillement et avec décontraction. De toute manière dès qu’une tâche est accomplie, une autre est nécessaire. C’est ainsi que nos hôtes prennent le temps de se poser dans le pâturage et de répondre à nos questions de béotiens – ou de Parisiens – en regardant les agneaux de l’année gambader comme des enfants dans une cour d’école.

Car en ce moment nous sommes en plein agnelage et les petits sont donc partout. Cette année, il y a très peu de doubles agneaux et beaucoup de femelles. Un phénomène qui pourrait s’expliquer par la sécheresse de l’an dernier ou les brebis, qui n’ont pas eu abondance, ont inconsciemment préféré donner un seul petit et des femelles pour garantir la survie du troupeau.

C’est exactement le genre de théorie et de questions que ce posent Guy et Alicia pour essayer de comprendre et de défricher une méthode d’élevage basée sur l’observation, le comportement et le dialogue. Nous sommes à l’opposé de l’animal-machine. Ici, presque tout le monde a un nom. De Canapêche la cane, à Libellule la cochonne, en passant par les reines des lieux, j’ai nommé les brebis : Marteau, Étoile, Licorne, Fourchette, SM et leurs agneaux : Poussière, Zorette, Mouton, 69. (Mes excuses à ceux et celles oubliés dans ce bref casting)

Avoir un nom, c’est la première étape clé pour pouvoir humaniser et adopter une bienveillance sur l’autre. Animal ou Humain.

J’avoue que mon regard sur l’élevage a été bousculé par les usages de Guy & Alicia. Pourtant mes parents ont eu une ferme familiale et j’ai grandi entouré d’animaux, mais à aucun moment je n’ai partagé quelque chose avec eux. Je sais dorénavant que si l’on se met à l’écoute des animaux, on devine leur caractère et leurs émotions et qu’alors il est possible de les élever respectueusement sans les contraindre.

Et si l’idée romantique de tout plaquer pour élever des moutons vous séduit, attendez un petit peu avant de donner votre démission ! C’est déjà fait ? Mince ! Soyez donc prêt à vous mettre à table pour votre unique repas du jour à 22h. À parcourir une dizaine de kilomètres dans les pâturages à poser des filets et porter de l’eau. À pratiquer des soins ostéopathiques aux brebis et donner des biberons de complément à certains agneaux. À surveiller le chant des poules pour savoir où sont les nouveaux endroits de pontes. Et surtout à surveiller la météo et à danser pour que la pluie arrive régulièrement afin qu’il y ait assez d’herbe pour tout ce petit monde.

D’ailleurs, même philosophe, Guy est inquiet. Cette année s’annonce sous de mauvais hospices. La sécheresse sévit déjà et l’herbe ne profite pas suffisamment vite pour sustenter le troupeau. Il faut vite réfléchir à une source de nourriture complémentaire qui soit à la fois en phase avec les exigences de Guy et Alicia (Nature et Progrès) et la fragile balance économique de la ferme. Une culture de betterave biologique est en préparation. Nous avons d’ailleurs participé à l’épandage du fumier maison sur la parcelle en question. Espérons que cela puisse suffire, car déjà pour les agneaux de l’an passé, le surcout des compléments d’alimentation à cause du manque d’herbe dû à la sécheresse s’élève à 60 € par agneaux. Soit une hausse de 23 % que Guy se refuse de reporter mécaniquement sur le prix de vente de l’agneau. Il préfère laisser le soin au consommateur de choisir si, oui ou non, il souhaite payer un peu plus cher un produit d’exception et acheter alors son agneau en pleine conscience de sa valeur.

Grand merci à Guy et Alicia pour votre accueil et à très bientôt

David, Élodie, Lou & Édouard

Envoyés spéciaux des Barbes Vertes

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